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L’imparfait … de la conjugaison à la création

  • Photo du rédacteur: sylviejeanne
    sylviejeanne
  • 1 juin 2024
  • 3 min de lecture

Nous voudrions tous être parfait… tout au moins à un moment donné de notre vie, à moins justement d’être né(e) sous l’étoile merveilleuse répondant aux doux et multiples noms de : Bienveillance, Réalisme, Intelligence, et bien d’autres encore.


Nous naissons dans une société valorisant ce concept, nous baignons dedans dès la prime enfance et les générations qui nous accueillent l’ont elles même bien compris.

Sur cette belle autoroute nous n’avons guère d’autre choix que de rouler, poussés à accélérer, à doubler, dépasser ? ( L’AUTRE nous gênerait-il ???) … ignorant les panneaux nous indiquant des bifurcations possibles et des aires de repos.

Bien sûr nous ne sommes pas égaux face à cette conduite ! Certains d’entre nous prendront très tôt des sentiers détournés et s’égareront avec volupté (ou pas … ), de vastes prairies d’expériences en sombres sous-bois d’introspection, tandis que d’autres apprécieront la poussée d’adrénaline de l’autoroute sans fin.


J’ai été cette personne des chemins secrets, très tôt, beaucoup trop tôt pour le comprendre et l’accepter, et j’ai grandi sans trouver de place dans ce trafic. Vers 4 ans j’ai déclaré haut et fort à une religieuse vétéran, dirigeante à la poigne de fer, que NON, je ne COMPTAIS pas rester dans l’école qu’elle prétendait diriger ! Quelques années plus tard j’ai affirmé à ma propre mère que décidément je ne PENSAIS PAS être « humaine » mais plus certainement un animal ! Forte de réprobations, contradictions et autres humiliations j’ai quitté l’autoroute pour naviguer à vue en eaux troubles.


Ce récit est plaisant à raconter, et beaucoup moins à traverser. Pour enrichir la métaphore de l’autoroute et du voyage, les bagages s’alourdissent au cours du temps : sentiment de « non appartenance », sentiment d’échec récurrent, parcours long et chaotique parce que non linéaire, comparaison, impression de perte de temps essentiellement renvoyée par un miroir extérieur, en passant par la qualification de « papillon-touche à tout » qui créera rapidement un malaise, une forme d’instabilité pouvant déboucher sur le célèbre « symptôme de l’imposteur » !

Où donc se trouve le premier panneau de la déviation ?


Lors de mon propre voyage et après de longues embûches le changement a opéré, tout d’abord insidieusement, puis il s’est peu à peu installé au fil des années. C’est en constatant avec quelle systématique mes projets-rêves-désirs refusaient d’aboutir ( des exemples concrets ? : l’étude d’un instrument débouchant très vite sur un autre, des compositions restées au fond d’un tiroir, des études laissées en suspens au profit d’un voyage … ) que j’ai remis en question les « attentes » (exigences ? ) venues tout droit de l’extérieur. J’ai cessé « d’étudier » la musique selon le schéma classique pour tout d’abord aller à la rencontre d’autres artistes, me frotter à la scène, échanger, pour au final, me lancer dans l’écriture et la composition. J’ai abandonné l’idée selon laquelle on devrait le faire selon des règles déjà établies et surtout : déjà validées ! J’ai, en parallèle de ma pratique instrumentale (piano et guitare) développé mon propre style en créant, malaxant, mélangeant des sons de diverses provenances avec des images glanées dans mon environnement, avec une technique empirique à la MacGyver qui ferait à elle seule l’objet d’un article. (En projet)


Mais surtout : j’ai refusé la comparaison avec « l’autre », vous le connaissez ? celui / celle qui fait tellement bien, tellement mieux, tellement … celui dont on parle et que l’on montre, qui se montre … celui qui nous donne l’impression de ne jamais traverser de doute, mais au final, est-ce vraiment le cas ?


J’ai créé mon propre modèle, mon propre univers, et de là aucune comparaison ne devenait possible. J’avais juste à avancer sur mon chemin.


Se libérer des liens ouvrait la porte du champ des possibles, du chant des possibles …


Refusez, sortez, partez, explorez …

En chantez vous

SJ


ree

3 commentaires


Membre inconnu
02 juin 2024

Et comme il en faut du temps sur la route de notre vie pour enfin, oser croire que l'on a trouvé son chemin, sa voie. Que de moments à se perdre avant de se rencontrer enfin !

A chacun sa route, quelle soit finalement belle, sereine et créative.


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Membre inconnu
09 juin 2024
En réponse à

Bonne question, alors disons que se perdre pourrait aussi évoquer l'idée, d'érrer momentanément sans savoir quelle direction choisir, comme une pause, un moment suspendu, en attendant de comprendre, de sentir de voir...

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